Assurer le quotidien de 30 000 hommes pendant 18 jours n’a pas été le moindre des défis posé par les manœuvres d’août 1906.
L'hébergement a demandé la création d’une centaine de camps, la plupart à proximité de la Suize. Une armée aux allures de tribu indienne, avec sa multitude de tentes blanches déployées dans les champs. Nombreuses également ont été les réquisitions de logements auprès des habitants. La plupart du temps sans problème, mis à part au terme de l’exercice quand plusieurs larcins – pour l’essentiel des fagots de bois et des meubles de paille – entraînent un certain nombre de doléances de la part des « locaux ». Ces dernières s’accumulent tant que leurs victimes adresseront des pétitions au ministre de la Guerre. Les maires évaluent, quant à eux, les dégâts de voirie causés par les militaires, mais l’Etat ne les dédommage qu’à hauteur d’1/8e du total demandé.
Le ravitaillement des troupes est l’autre aspect essentiel de la logistique mise en œuvre. Le train joue, là aussi, un rôle primordial, en permettant d’acheminer la totalité des denrées vers les cuisines des différents camps. L’armée organise également des réquisitions du bétail, qu’elle délocalise dans le Bassigny pour ne pas davantage pénaliser la zone où se déploient les manœuvres. Mais la principale difficulté à affronter concerne l’eau. Très sec, l’été 1906 a obligé à assurer un ravitaillement à l’aide de quinze camions-citernes envoyés depuis Paris.
En sept chiffres - Environ 26 000 soldats du côté de l’armée de siège
- Jusqu’à 4 000 hommes pour défendre la place de Langres et les forts alentours
- 27 000 tonnes de matériel déplacées
- 900 tonnes d’obus acheminées quotidiennement vers le front d’attaque et par train
- 90 km de voie ferrée type « Decauville »
- 750 obus de 75 à 220 mm tirés par 192 canons le 4 et 5 septembre.