Quartier Hôtel de Ville

4 - Ancien Couvent des Carmes
1754

En 1645, les Carmes déchaux s’implantent au pied de la ville et y occupent la maladrerie du faubourg de Saint-Gilles. La municipalité ne les autorise à s’implanter intra-muros qu’en 1688, les terrains disponibles à la construction s’y faisant rares en raison des huit ordres religieux déjà présents. En 1754, l’architecte langrois Claude Forgeot construit un nouveau couvent ainsi qu’une chapelle dotée d’une façade dont la sobriété confine presque à la sévérité. Dépourvue de fronton, ses deux niveaux sont adoucis par des ailerons. En 1825, le Petit séminaire destiné à former les futurs prêtres du diocèse s’installe dans ces bâtiments qui furent agrandis en 1840. En 1849, la chapelle fut décorée de peintures murales dues au peintre haut-marnais Menissier.
5 - Ancien Hôtel du Gouverneur
Monument Historique - début du XVIIIe siècle

Occupé à partir du XIXe siècle par le gouverneur militaire de la Place de Langres, cet hôtel présente des dispositions entre cour et jardin (actuel parking) très classiques. Son originalité vient du traitement particulier de ses volumes d’angles. Systématiquement adoucis, ceux-ci sont traités en arrondis (sur la rue) ou en pans coupés (dans la cour). Le portail sur rue sommé d’un arc en anse de panier est encore dans la tradition décorative du XVIIe siècle avec ses modillons galbés et ses écoinçons garnis de trophées.
Artère résidentielle raffinée, la rue de la Tournelle a des allures de « petit Marais ». Elle possède de somptueux hôtels particuliers classiques dont les façades se dérobent aux regards mais qui rappellent combien cette rue est très prisée depuis le XVIe siècle.
9 - Ancienne Chapelle du Couvent des Ursulines
Arrivées à Langres en 1613, les sœurs de sainte-Ursule avaient vocation à éduquer les jeunes filles et à accueillir des pensionnaires plus âgées. La communauté a d’abord occupé un hôtel particulier de la rue de la Tournelle, avant de faire construire un couvent plus fonctionnel en 1631. La chapelle ne fut achevée qu’à la fin du siècle (vers 1670-1680). Le portail très détérioré propose encore un parti décoratif très chargé : colonnes jumelées, niches, putti ailés, emblèmes entrelacés… Transformés en caserne à partir de 1818, les deux tiers des bâtiments furent démolis en 1974 afin de laisser place à une résidence.
11 - Arc Gallo-Romain
Monument Historique
vers 20 avant J.-C.

Bâti une trentaine d’années après la conquête de la Gaule par Jules César, cet arc monumentalisait le principal accès d’Andematunnum – la Langres antique du côté ouest. Orienté de telle manière que la voie venant de Reims pénètre directement dans la cité, c’est le plus ancien édifice langrois conservé. Inadapté à une mise en défense efficace, cet arc s’est trouvé incorporé dans les premières fortifications à la fin du IIIe siècle ; son double accès fut probablement condamné à la même époque, au profit de la porte de l’Hôtel de Ville. En raison de son angle saillant sur l’enceinte, il fut transformé en tour couverte, équipé d’un corps de garde et d’embrasures de tirs percées dans la frise.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, une bâtisse s’appuyait contre l’arc. A l’instar des autres parties de l’enceinte, le Génie militaire expropria définitivement ces maisons lors des travaux de restauration qui occasionnèrent le rétablissement de la corniche couronnant l’édifice.
17 - Façade Renaissance (rue St-Didier)
Monument Historique
milieu du XVIe siècle

Cette façade presque carrée s’élève sur trois niveaux ; chacun est décoré de colonnes jumelées supportant une frise. La superposition des ordres est conventionnelle : ionique au rez-de-chaussée, corinthien au premier étage et composite au second. La frise du premier niveau présente un assortiment d’instruments de musique et de boucliers ; ces derniers s’inspirent de ceux couronnant l’arc gallo-romain, rappelant combien la Renaissance s’est inspirée de l’Antiquité. Le rez-de-chaussée a été transformé à la fin du XIXe siècle, avec la dépose du portail central, au profit d’une nouvelle porte cochère décalée dans l’axe de la rue.


20 - Hôtel de Piétrequin, dit de Piépape
Monument Historique - Début du XVIIe siècle

A Langres, dès la fin du XVIe siècle, l’apparition d’une bourgeoisie au service de la royauté a coïncidé avec la construction des premiers hôtels particuliers. L’acquisition de responsabilités administratives a en effet permis l’ascension sociale de quelques familles, dès lors désireuses d’inscrire leur réussite dans la pierre. C’est ainsi qu’en 1613, Philibert Piétrequin, lieutenant général au bailliage royal de Langres, fait édifier cet hôtel.
Située entre cour et jardin, la résidence adopte un plan en L. Ornée d’une frise à godrons et de gargouilles, la corniche rappelle encore la Renaissance, supplantée alors par la sobriété du classicisme. Un mur de clôture assurant l’intimité de la cour est orné d’un majestueux portail datant du XVIIIème siècle.
21 - Hôtel de ville
Monument Historique
1774

En 1581, après plus de deux siècles d’existence, l’échevinat acquiert une vaste demeure gothique, place du Marché-aux-Blés (actuelle place de l’Hôtel-de-Ville). En plus de l’administration communale, la nouvelle maison de ville abrite le tribunal et, bientôt, les prisons de la justice royale. C’est l’incendie de ces dernières qui décide d’une reconstruction totale du bâtiment à partir de 1774. Sous la conduite de Nicolas Durand, architecte de la généralité de Champagne, le nouvel hôtel de ville reprend et agence les fonctions municipales, judiciaires et pénitentiaires de l’ancienne maison de ville. Ainsi, les prisons royales sont reconstruites derrière le bâtiment. Traitée en avancée, rythmée par une imposante colonnade et sommée d’un fronton, la partie centrale constitue l’accent majeur de la façade. Celle-ci réchappa de l’incendie qui, en décembre 1892, ravagea le reste du bâtiment. Dans le fronton, le sigle RF (République Française) remplaça les armes royales bûchées lors de la Révolution ; ce sont cependant les mêmes anges qui portent l’écu républicain !
23 - Hôtel Valtier de Choiseul dit
du Breuil de Saint-Germain
Monument Historique - fin du XVIe siècle

En 1576, Sébastien Valtier de Choiseul acquiert une vaste parcelle et y fait édifier un hôtel particulier. Le corps de logis pourvu d’une échauguette surplombant la place reçoit un soubassement en bossages. Le parti de la façade sur cour est symétrique : le décor est essentiellement concentré sur la porte qui reçoit une pléthore de thèmes maniéristes très en verve à la fin du XVIe siècle. Bossages piquetés ou en pointe de diamant, colonnettes enguirlandées, cornes et vases d’abondance, fronton cintré et mufles de lions contribuent à agrandir la porte aux dimensions modestes. Vers 1770, Philippe Profilet de Dardenay transforme l’aile perpendiculaire et la dote d’une nouvelle façade reprenant les proportions de l’aile Renaissance. Un avant-corps central est souligné par un léger décrochement, une porte-fenêtre, un oculus et un fronton. Le décor est complété par deux guirlandes de fleurs, deux bustes sur consoles et un médaillon en terre cuite représentant peut-être le propriétaire de l’époque. C’est à la même époque que l’hôtel reçoit son mur de clôture et son portail. Au XIXe siècle, la famille Du Breuil de Saint-Germain rajoute les lucarnes, provenant d’autres édifices de la Renaissance.
26 - Maison aux Anneaux
XVe siècle

Cette demeure est un bon exemple de l’habitation médiévale à usages mixtes, dévolue à l’habitation comme au travail. Signe de modestie, la pierre de taille est réservée aux éléments d’encadrement, tandis que le remplissage est constitué de moellons crépis. Les éléments de décor sont rares : linteaux en accolade et niche agrémentée d’un motif végétal.
Au second étage, les deux anneaux en pierre ont pu être utilisés comme supports pour des barres de bois, destinées au séchage des étoffes. Cela est d’autant plus plausible qu’à l’époque où cette maison fut créée, le quartier était occupé par des tisserands et quelques teinturiers.
27 - Maison Gothique
fin du XVe siècle ou début du XVIe siècle

Cette maison présente au rez-de-chaussée l’une des seules échoppes médiévales conservées à Langres. Reconnaissable à son arc segmentaire, celle-ci était desservie par sa propre porte. L’entrée principale est décalée sur la droite ; elle dessert l’appartement privé situé au premier étage et dont les fenêtres plus grandes sont décorées des mêmes arcs en accolade que la porte. Les deux niveaux supérieurs avaient probablement une fonction de stockage liée à l’activité commerciale ou artisanale du rez-de-chaussée. Conformément aux usages médiévaux, les percements n’obéissent guère à une recherche de symétrie ou de rythme. Leur nature, leur nombre et leurs dimensions étaient fonction des nécessités.
28 - Maison Renaissance
Monument Historique
milieu du XVIe siècle

Bâtie vers 1550, cette demeure de haut rang se compose de deux bâtiments, l’un sur rue, l’autre sur jardin, reliés par un couloir latéral desservant un escalier en vis. Les cuisines du sous-sol prennent leurs jours sur la cour surbaissée, au pied de la façade sur jardin. Sous cette cour est aménagée une citerne pour l’eau de pluie, puisée depuis une margelle sommée d’une coupole.

La façade développe un rythme complexe constitué par deux niveaux et une alternance de travées larges et étroites. Les colonnettes aux ordres ionique et corinthien scandent chaque niveau en accentuant le relief de la composition d’ensemble. Les meneaux et les croisillons en pierre des fenêtres participent au quadrillage de la façade. Foisonnante et variée, la frise supérieure constituée d’ornements végétaux s’oppose à la sobriété et à la régularité de la frise inférieure, composée de crânes d’animaux, ou bucranes. La porte en plein-cintre rehaussée d’une ouverture et d’un fronton triangulaire est décorée d’une guirlande végétale d’où sortent mufle de lion et têtes de bélier.
30 - Musée d’Art et d’Histoire
(côté Saint-Didier)
Les vestiges de la chapelle Saint-Didier, construite au début du XIIe siècle, sont désormais incorporés aux bâtiments contemporains du musée. Fondé en 1838 à l’initiative d’érudits regroupés au sein de la jeune Société Historique et Archéologique de Langres, il permit de regrouper, conserver et exposer les nombreux vestiges antiques que livraient les travaux de construction de la citadelle et de modernisation des remparts. Premier édifice haut-marnais classé Monument Historique (1840), il n’en subsiste que le chœur, le carré du transept et une travée. C’est dans cette chapelle que les reliques du saint patron de la ville étaient conservées et vénérées.
Depuis la création du Musée d’art et d’histoire en 1996, les collections de Beaux-arts complètent les collections archéologiques initiales.

(côté place du Centenaire)      
A la fin du XIXe siècle, la ville démolit un îlot de maisons (actuelle place du Centenaire) afin de construire un marché couvert. Bâti en fonte, largement éclairé par de larges baies vitrées, il fut en partie démonté en 1956 afin de laisser place à un imposant château d’eau alimentant les immeubles collectifs nouvellement édifiés au sud de la cité. Les derniers vestiges du marché disparurent définitivement en 1988, lors des travaux de construction du Musée d’art et d’histoire. Terminé en 1996, il fait référence à son environnement : sa courbure fait écho au tracé des rues, tandis que les verrières scandent sa façade selon un rythme rappelant la faible largeur des maisons voisines.
Il conserve et présente des collections archéologiques et de Beaux-arts parmi les plus riches de la région.
33 - Porte Boulière
Monument Historique - XIIIe siècle. Modifiée aux XVIe et XIXe siècles

Créée au début du XIIIe siècle, lors de la première extension de l’enceinte fortifiée vers le sud, cette porte s’est vue protégée d’une barbacane triangulaire au XVIe siècle. S’appuyant sur la tour Saint-Didier et imposant une entrée en chicane, celle-ci était pourvue d’un corps de garde et d’une échauguette d’angle. Sa porte monumentale était ornée d’une statue allégorique personnifiant la ville de Langres sous les traits d’une jeune femme armée.
Originellement dénommée « porte bovelière », cet accès semble devoir sa dénomination au passage des animaux qui gagnaient la rue du même nom puis celle de la Boucherie, où ils étaient abattus et dépecés.
Transformée en 1854, la barbacane fuit définitivement détruite en 1906 afin de faciliter l’accès à la porte des Terreaux toute proche.
34 - Porte de l’Hôtel de Ville ou du Marché
Monument Historique
modifiée au XVIème siècle et en 1854.

Cette porte située sur un éperon rocheux paraît consécutive à la fermeture de l’arc gallo-romain tout proche mais présentant de moindres dispositions défensives. Cette modification probablement opérée durant le haut Moyen-Age permis de mieux contrôler le chemin d’accès situé désormais au pied de l’enceinte.
Comme la plupart des autres portes langroises, la porte de l’Hôtel de Ville fut renforcée d’une barbacane au XVIe siècle. Construit en 1620, le corps de garde s’appuie sur de massives consoles du côté extérieur. Egalement à usage d’octroi, il témoigne de l’activité commerçante qui animait cette partie de la ville. Sitôt cette porte franchie, on accédait directement au marché aux porcs et au marché aux blés – actuelles places de l’Hôtel-de-Ville et de Verdun.
La porte intérieure fut agrandie au milieu du XVIIIe siècle. La barbacane et son pont-levis furent restaurés un siècle plus tard par le Génie militaire.
41 - Tour du Petit-Sault ou du Marché
Monument Historique
vers 1517

Cette tour d’artillerie en forme de U et aux flancs allongés était destinée à contrôler l’angle nord-ouest de l’enceinte et la route de Paris passant à ses pieds. Dotée d’énormes embrasures et de murs dont l’épaisseur atteint sept mètres, ses dispositions intérieures épousent la déclivité du terrain. Les deux salles aux voûtes puissantes sont reliées entre elles par un escalier monumental et supportent une vaste terrasse d’artillerie.
Les parements extérieurs décorés de bossages et équipés de gargouilles viennent rehausser le relief et l’accroche esthétique de la tour.
Profitant des travaux occasionnés par la construction d’un tel édifice, la Chambre de Ville obtint le creusement d’un puits public initialement pourvu d’une margelle.
Naturellement défendue par des pentes abruptes, cette partie de l’enceinte ne requérait pas une telle surabondance de moyens. Composition particulièrement habile, impressionnante et surdimensionnée, cet ouvrage met en scène la vocation militaire de Langres au début du XVIe siècle.
45 - Tour Saint-Didier
Monument Historique - début du XVe siècle

La tour Saint-Didier reste l’ouvrage fortifié médiéval le mieux conservé à Langres. Ses trois salles superposées, ses embrasures de tir et sa toiture restaurée à l’identique donnent une assez bonne image de ce que pouvaient être les autres tours médiévales désormais transformées ou détruites. Elle était essentiellement destinée à défendre les abords immédiats de la porte Boulière avec laquelle elle faisait corps. Sous l’Ancien Régime, le dernier étage servait de tribunal aux quatre capitaines à masse ayant à juger des délits commis sur le chemin de ronde.
Tournée vers la vallée de la Bonnelle, une niche abrite la statue de saint Didier, évêque de Langres au milieu du IVe siècle et martyrisé, selon la légende, par les Vandales.



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