En 1858, la création d’une ligne de chemin de fer entre Paris et Mulhouse permit à Langres de disposer d’une gare. Mais la topographie des lieux obligea celle-ci à s’installer en contrebas de la ville, dans la vallée de la Marne. Il fallut attendre près de trente ans pour que soit créé un chemin de fer à crémaillère, reliant la gare à la ville. Premier train de ce type en France, la Crémaillère de Langres s’élevait de 132 mètres au long de ses 1447 mètres de voie ; la pente pouvait atteindre 17 % au niveau du viaduc. D’abord à vapeur, la locomotive assurait le trajet des deux ou trois wagons en 10 minutes. La ligne fut électrifiée en 1935 et une automotrice (conservée sur le site) remplaça les anciennes voitures. Le développement de la cité vers le sud, des équipements vieillissants et déficitaires condamnèrent définitivement la Crémaillère qui cessa de fonctionner en février 1971. 3 - Ancien Couvent des Annonciades Monument Historique - 1684 et 1704
Présentes à Langres de 1623 à 1984, les sœurs Annonciades étaient vouées à la contemplation divine. Aux vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, s’ajoutait celui d’une stricte clôture et un retrait total du monde. D’abord installée dans une demeure proche, la congrégation acheta la maison de Jean Girault, seigneur de Croy, en 1624. Cette parcelle agrandie par des achats successifs permit à la congrégation d’entreprendre la construction d’une nouvelle chapelle plus vaste en 1684. Le couvent lui-même fut rebâti à partir de 1704. La sobriété de l’ensemble reflète sans doute l’austérité et l’effacement des sœurs Annonciades. 18 - Hôpital de la Charité Monument Historique – 1774
En 1638, en réaction aux épidémies de peste, l’évêque Sébastien Zamet institue la confrérie de la Charité, chargée de secourir les « pauvres malades ». La jeune institution se voit confier la gestion d’un hôpital aménagé dans plusieurs maisons regroupées déjà à cet endroit. L’incendie de 1770 permet de concevoir un nouveau bâtiment plus fonctionnel. Etabli suivant les plans de Nicolas Durand, architecte de la généralité de Champagne, le nouvel hôpital est formé de deux pavillons reliés à une chapelle centrale par deux ailes. Ces dernières abritaient les salles réservées aux malades. Les pavillons latéraux étaient équipés d’une salle pour les convalescents, d’une pharmacie et d’une salle d’opération. Le tout allie symétrie et monumentalité autour d’une avant-cour formant jardin clos. Bâtiment central de la composition, la chapelle en rotonde présente un décor néo-classique de grande qualité. Œuvre du sculpteur langrois Antoine Besançon, le décor sculpté souligne la vocation des lieux. La Charité accueille les orphelins au fronton de la chapelle, tandis que les piliers encadrant le portail représentent la Médecine (prise du pouls) et la Chirurgie (opération de la cataracte). 22 - Hôtel Simonet d’Isômes fin du XVIIe siècle ou début du XVIIIe siècle
Cet hôtel particulier est probablement consécutif à l’acquisition de la parcelle par Claude Simonet, seigneur d\'lsômes, en 1705. Il observe une stricte séparation entre corps de logis et dépendances : cuisines et écuries sont reléguées dans des bâtiments spécifiques. Inscrite dans un carré, la façade sur rue s’anime d’un avant-corps central dont le rez-de-chaussée est décoré de bossages. L’étage noble réservé aux appartements privés est singularisé par des baies plus grandes et des pilastres colossaux unifiant deux niveaux. Bien qu’endommagé, le fronton laisse admirer un blason entouré par deux personnages. Ce décor, tout comme la toiture traitée en pavillon, sont la marque d\'un immeuble de qualité. 29 - Maison Renaissance (rue Barbier d’Aucourt) Vers 1544
Le soin apporté à la construction ainsi qu’un discret décor attestent de la qualité de cette maison, datée de 1544 d’après l’inscription figurant au-dessus du premier étage. Bien que construite en pleine Renaissance, la façade perpétue un schéma typiquement médiéval : les étages s’empilent sur une faible largeur, tandis que le pignon se découpe dans le ciel (la plupart des façades de ce type ont vu leur partie supérieure arasée depuis). Dévolu à la réception, le premier étage est mis en valeur par de grandes ouvertures et délimité par un bandeau d’appui ainsi qu’un larmier.
Représentant à l’origine un blason, le bas-relief placé au-dessus du premier étage a pour écrin la figuration d’un petit édifice antique, un tempietto. 39 - Porte Longe Porte Monument Historique 1er siècle avant J.-C. Modifiée en 1851.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle les vestiges d’un arc gallo-romain marquant la limite nord de la ville étaient encore visibles. Devenu une porte après avoir été englobé dans les fortifications à la fin du IIIe siècle, cet ouvrage doit son nom, soit à sa longueur, soit à un roi légendaire dénommé Longo dont l’effigie se trouvait sur une console, côté ville. Vers 1538, une barbacane fut aménagée en avant de la porte afin d’interdire une attaque frontale et de déployer des pièces d’artillerie destinées à flanquer l’enceinte nord. Conçu comme une sorte de sas en forme de chicane, cet ouvrage disposait d’une première porte équipée d’un pont-levis. Un nouveau corps de garde compléta ce dispositif en 1619. En 1851, le Génie militaire supprima tout vestige antique, abaissa le parapet de la barbacane, et installa un nouveau pont-levis dont les rouages sont encore visibles. 43 - Tour Piquante Monument Historique vers 1565
Cette dénomination insolite est due à la forme polygonale de ce bastion, le premier à avoir été construit à Langres. Conçu en pleine guerre de Religion à la place d’une tour médiévale, cet ouvrage est novateur ; les tours d’artillerie – telle la tour Saint-Ferjeux – sont dorénavant trop coûteuses en regard de leur efficacité. Vers 1530, des ingénieurs italiens inventent des ouvrages pentagonaux qui, remplis de terre, sont plus économiques et mieux à même d’amortir le choc des boulets. En l’absence de salles voûtées devenues trop fragiles face à l’artillerie, les canons sont désormais concentrés à l’air libre, au sommet des ouvrages terrassés. En 1850, le Génie militaire restaura l’échauguette permettant de surveiller la base de l’ouvrage. 47 - Tour Saint-Jean ou Saint-Gengoulph Monument Historique vers 1538. Modifiée en 1883
Contemporaine de la barbacane de Longe-Porte, cette tour doit son nom à la proximité de l’ancien prieuré Saint-Gengoulph aujourd’hui disparu. Installée sur un éperon rocheux, c’est la dernière tour d’artillerie construite à Langres. Sa structure est plus simple que ses devancières : son unique salle voûtée dotée de deux embrasures latérales est protégée par un bouclier frontal de 7,5 mètres d’épaisseur. En 1883, un pigeonnier militaire au style néo-médiéval fut aménagé sur la terrasse. Discrets et capables de parcourir 100 kilomètres en 80 minutes, les pigeons voyageurs furent employés au transport de messages jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale.