Dès 1858, l’apparition du canon rayé marqua l’avènement de l’obus. En augmentant la portée de l’artillerie de siège ainsi que la trajectoire des projectiles, cette innovation condamna les superstructures en pierre et les bastions. Ainsi donc, la citadelle de Langres fut obsolète peu après son achèvement. Il fallut attendre 1868 pour que, sous la menace de la guerre franco-prussienne, soit décidée la construction des forts de Peigney et de la Bonnelle. Enterrés et disposés à quelques kilomètres de la ville, ces ouvrages auront pour objectif de placer la citadelle de Langres hors d’atteinte de l’artillerie adverse.
La création d’annexes
En 1875, le long de la route de Dijon, sont édifiés cinq magasins à ossature métallique. Trois ans plus tard, des magasins généraux d’Armée sont établis au pied de la ville (actuelle zone industrielle) et desservis par une voie ferrée spécifique, raccordée à la ligne Paris-Mulhouse. Venant compléter la capacité de stockage de la citadelle, la « poudrière des Franchises » sera détruite par la Résistance en septembre 1943. Elle avait été créée en même temps qu’un parc à fourrage, établi quant à lui sur le rebord est du plateau (actuel Centre Technique Municipal). En 1930, le côté sud de la place d’armes se vit complété par des bâtiments réservés à une compagnie de gardes mobiles.
Le désenclavement
Afin de faciliter la circulation, croissante, sur la route nationale 74, les deux portes fortifiées furent en grande partie démolies à la fin des années 1950. Aux abords de la porte sud, la chicane d’entrée fut en outre supprimée. Au cours de la décennie 1960-1970, les glacis ouest de la citadelle se couvrirent d’immeubles modernes. Abandonnés depuis quelques décennies, les fossés y furent bientôt comblés. En1991, une fois acquis l’espace compris entre les bastions et le cavalier, la ville y aménagea une esplanade, l’espace Eponine. Fin 1996, le 711e Groupement des Essences fut transféré à Chalon-sur-Saône. La municipalité acquit alors 14 hectares du quartier Turenne, à l’ouest de la route de Dijon. Une nouvelle histoire débutait.
Un ensemble à redécouvrir
Durant près d’un siècle, les troupes militaires logées à la citadelle ont constitué un élément essentiel de la vie langroise. Acquis par la Ville en 1996, près de la moitié de cet ensemble est en cours de reconversion. Faute d’avoir été assiégé depuis sa création, ses qualités défensives n’ont jamais pu être appréciées, léguant ainsi un patrimoine militaire et fortifié étonnamment préservé, mais d’une qualité méconnue.